Le ministère de la Culture via la délégation générale à la langue française et aux langues de France - DGLFLF - et la délégation générale à la transmission, aux territoires et à la démocratie culturelle - DG2TDC - en partenariat avec l’association APF France handicap, l’Association Valentin Haüy (AVH) et la Fondation Falret organisent « Dis-moi dix mots pour un monde inclusif », un concours dédié à des personnes en situation de handicap, seul ou en collectif, afin de partager leur vision d'un monde utopique ou dystopique.
L'association Cultures du coeur participera et sera un appui de taille dans la sélection des lauréats, ainsi que sponsor pour les prix du jury.
Écrire pour le monde à venir
Deux catégories sont proposées :
- Catégorie individuelle : seul ou avec un binôme de son choix (complices aidants ou personne de l’entourage, valide ou en situation de handicap)
- Catégorie collective : à partir de 3 participants ou plus
L'objectif: Réaliser une autofiction située en 2084, imaginant un futur où l’inclusion et la diversité sont au cœur de la société.
Les participants sont invités à explorer leur vision du monde de demain, à travers leur propre regard et leur sensibilité.
Toutes les formes d’expression sont les bienvenues : bande dessinée, collage, poème, nouvelle, chanson, vidéo… Une occasion de libérer sa créativité et de donner vie à un futur plus ouvert, plus humain et plus solidaire.
Bilan
Pour cette troisième édition du concours, les chiffres sont éloquents, les participants ont été au rendez-vous ! On compte 66 participants répartis en trois associations : APF France handicap, l'association Valentin Haüy et la Fondation Falret.
Tendances
• Une dystopie présente mais souvent contrebalancée par l’humour
De nombreux textes relèvent de la dystopie et décrivent des mondes sombres ou artificiellement parfaits. Cependant, les auteurs prennent de la distance grâce à l’humour. Ce contraste rend les récits à la fois critiques et touchants.
• Des choix de narration variés
Les modes de narration sont divers et travaillés. Plusieurs textes donnent la parole à un humanoïde, un animal ou un extraterrestre, et utilisent des néologismes. La présence des langues de France, notamment le créole, enrichit également les voix narratives.
• Solidarité et inclusion comme fils conducteurs
La solidarité est un thème central dans de nombreuses productions. L’inclusion, qu’elle soit sociale, écologique ou liée aux différences individuelles, structure les récits. Ces valeurs donnent une forte dimension humaine à l’ensemble.
• Une qualité d’écriture affirmée
La majorité des textes montrent une écriture construite et cohérente. Le travail sur le vocabulaire et le rythme est visible. Certains récits témoignent d’une réelle maturité littéraire.
• Une pluralité des formes
Les œuvres prennent des formes variées : nouvelles, poèmes, lettres, journaux de bord ou vidéo. Cette diversité montre une vraie liberté créative. Elle enrichit la restitution globale.
• Une pluralité des handicaps représentés
Les textes reflètent différentes situations de handicap. Ces réalités sont abordées à travers des regards multiples. Cela renforce la dimension inclusive du projet.
• Des références littéraires et culturelles repérables
Certaines influences évoquent Stefan Wul pour l’imaginaire de science-fiction. On perçoit aussi des échos à Marcel Aymé dans le mélange du réel et du fantastique. Enfin, l’inspiration des contes réunionnais est sensible dans le lien au territoire et à l’oralité.
Remise des prix
INDIVIDUEL
Association Valentin Haüy :
1. "Le chemin de Lumière", Albert Degardin: Ce texte répond pleinement aux critères de solidarité et de science-fiction. Cependant, il évite les clichés habituels du genre. Au contraire, il propose une approche inclusive et sensible. La dimension écologique est également très présente, ce qui renforce la profondeur du propos. De plus, la question de l’inclusivité est traitée avec justesse. Le lien à l’île et à la terre structure le récit et lui donne une forte identité. Enfin, le mélange avec l’univers des contes est particulièrement réussi, tout comme la mise en valeur d’une pluralité des territoires.
2. "Au bord du monde", Jacqueline Crespy: Le récit est porté par la voix d’un enfant qui raconte son utopie devenue réalité. Ce choix de point de vue apporte fraîcheur et originalité. Ainsi, l’autrice détourne les codes classiques de la dystopie et du futurisme. Le texte introduit également le néologisme « vouivre », qui marque l’imaginaire du lecteur. Peu à peu, le récit bascule vers le fantastique, ce qui lui donne une dimension innovante et touchante. Le rythme reste fluide et agréable à lire du début à la fin. Enfin, la sensibilité du texte est renforcée par l’imagination du petit animal, qui crée une forte émotion.
3."L’Eureka", Komba Konate : Ce texte s’inscrit clairement dans une logique dystopique. Il s’agit d’une véritable nouvelle, construite avec rigueur. L’écriture est maîtrisée et le travail éditorial est très abouti. Le récit est glaçant, mais il reste efficace et cohérent. Il fonctionne comme un court métrage, avec des images fortes. Ainsi, il « agrippe » le lecteur et maintient la tension jusqu’au bout. L’ensemble témoigne d’un travail important et structuré.
COLLECTIF
APF France Handicap:
Prix 1 : Rêve de voyage futuriste ou de réalité, n°10, Les trois drôles de dame (Flore DEVAUX et Sandy ALONSO-présentes) : Ce texte est très touchant et d’une belle qualité d’exécution. L’écriture est soignée et maîtrisée. Le poème est particulièrement émouvant et sonne très juste à l’oral. L’ensemble est harmonieux et cohérent. Enfin, il donne envie de mieux connaître « Les trois drôles de dame », ce qui montre la force du texte.
Prix 2 : "Les mots s’entremêlent",CIBELLA Giovanni - DAVID Joël - LEONARD Laurence - HAG Christophe - JUNGLING Stéphane - ROUSSEAU Michel - TURAN Firat - VOILLARD Éric : Ce texte se distingue par son originalité. Il propose une approche qui sort de l’ordinaire. On y trouve un clin d’œil aux jeux DMDM, ce qui crée une complicité avec le lecteur. L’ensemble est créatif et dynamique. Ainsi, il marque par sa singularité.
Prix 3,"Lettre aux terriens", Glady CARTER - Sandy ALONSO - Sarah BENOIT - Angélique PELLETIER : Ce texte se démarque par l’invention de néologismes comme « photavion », « anibots » ou « rallye de fauteuils ». Ces créations enrichissent l’univers proposé. En même temps, le texte porte une dimension poétique. Il transmet aussi un message d’espoir clair et accessible. L’ensemble est cohérent et porteur de sens.
Prix 3 ex-aequo, "Journal de bord d’un alien en détresse", Marie-Hélène, Marguerite, Maxence (Falret): Ce texte adopte un ton drôle et accessible. Il repose sur un renversement classique de la science-fiction, puisque l’extraterrestre observe les humains. Ce procédé permet une critique politique subtile. Le récit montre en effet que les humains prennent mal soin de leur planète. Ainsi, le texte devient une métaphore de l’altérité et du regard porté sur l’autre. L’ensemble est à la fois humoristique et réfléchi.
Prix spécial : "Brèves futuristes",Sandy ALONSO - Flore DEVAUX - Mélissa DUBOIS - Victoria CHOQUET - Chloé LEFEVRE - Véronique DEMARCY - Anthony FOULON - Clément STEVENOOT - Mégane COTTRET - Catherine MOREL : Cette œuvre se distingue par sa forme vidéo, différente des autres propositions. Elle mise sur l’humour et sur une belle énergie collective. Le groupe montre que la technologie peut aider les personnes en situation de handicap. L’humain reste au centre du propos. L’ensemble est original et inclusif. Ainsi, le prix spécial permet de valoriser cette proposition singulière. Ce prix est attribué ex-aequo avec Les mots s’entremêlent, afin de reconnaître deux formes très différentes mais tout aussi pertinentes.
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