Témoignage de Ryōko Sekiguchi, autrice des nouvelles « Mandoline » et « Millésime »
Cette semaine, Pascal Paradou consacre un épisode de son émission De vive(s) voix sur RFI à l’édition 2026-2027 « Dis-moi dix mots à savourer » et invite l’autrice Ryōko Sekiguchi à évoquer son travail d’écriture et ses nouvelles autour des mots « mandoline » et « millésime », publiées dans le livret de « Dis-moi dix mots ».
Au micro de Pascal Paradou, Ryōko Sekiguchi s’enthousiasme de la sélection proposée par « Dis-moi dix mots » cette année, « des mots très inspirants pour écrire des histoires ». Pour cette autrice, traductrice et fine cuisinière à ses heures perdues, la cuisine est un prétexte pour parler du monde et constitue une porte d’entrée pour aborder les multiples facettes de nos sociétés. Elle est un espace où « l’on peut tout mettre. […] L'amour, la famille, le bonheur, la déception, les classes sociales, la maladie et la mort. » Dans l’ensemble de son œuvre, mais plus particulièrement dans les deux nouvelles qu’elle signe pour le livret « Dis-moi dix mots à savourer », Ryōko Sekiguchi remarque que la gastronomie et le goût lui permettent de raconter la complexité de la vie humaine.
Une double « Mandoline » et une certaine idée de « Millésime »
Dans le livret, à travers sa nouvelle « Mandoline », elle s’intéresse à la « double vie de ce mot », à la fois ustensile de cuisine et instrument de musique d’origine italienne. Selon elle, voilà son rôle d’écrivaine : exhumer les sens cachés ou enfouis des mots en écrivant des histoires.
Dans sa nouvelle « Millésime », elle déplie les différentes dimensions de ce mot, mais invite aussi le lecteur à faire un pas de côté en déjouant ses attentes puisque son texte n’est pas dédié au vin, mais à la maturation du miso ou encore d’une conserve de sardines.
Pour Ryōko Sekiguchi c’est bien là que les mots et la gastronomie se rencontrent, dans leurs liens avec « l’enfance, les souvenirs et l’inconnu ».
Autant de pistes que les dix mots « à savourer » vous invitent, vous aussi, à suivre !
Le goût des mots et des mets : une écrivaine « oiseau migrateur » éprise de gastronomie
Ryōko Sekiguchi est autrice et traductrice. Née à Tokyo, elle vit et travaille à Paris. Elle apprend le français à la faculté, d’abord par intérêt pour la gastronomie française. Écrivant aussi bien en français qu’en japonais, elle interroge dans son œuvre nos modes de perception. Elle a traduit vers le français des auteurs tels que Jun’ichirô Tanizaki et Sôetsu Yanagi, et vers le japonais Jean Echenoz, Patrick Chamoiseau ou Simone de Beauvoir. Elle collabore régulièrement avec des artistes pour la création de livres d’art et organise des performances mêlant littérature, musique et arts visuels. Parmi ses œuvres remarquées : Venise, millefleurs (P.O.L.), L’Appel des odeurs (P.O.L., rééd. Folio), Nagori (P.O.L., rééd. Folio) et La terre est une marmite (Bayard). L’écriture bilingue de Ryōko Sekiguchi est profondément nourrie par sa curiosité pour les langues et son intérêt pour la diversité des influences culturelles qui façonnent nos vocabulaires, notamment dans le champ culinaire. Son œuvre est particulièrement remarquée pour sa langue poétique avec laquelle elle dit les plaisirs des sens et l’aventure des sentiments.
Pour celle qui aime à se définir comme une écrivaine « oiseau migrateur », la gastronomie, à la fois universelle dans son essence et infiniment diverse dans ses expressions, entretient de profondes affinités avec les mots. C’est sans doute à la croisée des mots et des mets, dans cet espace de rencontre et de partage, que Ryōko Sekiguchi peut le mieux exercer le rôle qu’elle se reconnaît : être « une passeuse » au carrefour de différentes cultures !
Pour en découvrir davantage sur les cuisines littéraires de Ryōko Sekiguchi, retrouvez l'épisode de l'émission De vive(s) voix sur le site de RFI.
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